Qui est qui?

Enoncé

 

Afin que vous neurones ne s’endorment pas en ces temps festifs, nous soumettons à votre sagacité cette enquête policière digne des meilleurs analystes financiers comme des débutants. N’écrivons nous pas au chapitre 9 du Vernimmen 2017 que «  ... l’analyste est un Myron Bolitar ou un Hercule Poirot moderne ...». Qui est qui ? vous invite à découvrir quels secteurs économiques se cachent derrière la série de chiffres qui suit. Le corrigé est en seconde page.

 

 

 

 

On cherche :

Un distributeur généraliste,

Un groupe de luxe,

Une agence de publicité,

Un cimentier,

Un négociant de produits sidérurgiques,

Un groupe de travail temporaire,

Un opérateur de satellites,

Une compagnie aérienne

Un producteur de cognac

Une société holding.

 

Il y a deux façons de procéder pour résoudre cette énigme. Soit vous partez du tableau de chiffres en identifiant dans chaque ligne les chiffres les plus bas ou les plus élevés et devinez de qui il peut s’agir. Soit partant de la liste des entreprises, vous réfléchissez aux caractéristiques économiques et financières que chacune d’elle a, puis vous la repérez dans le tableau de chiffres. Cette seconde méthode nous paraît plus riche car elle conduit à réfléchir in abstracto aux caractéristiques financières d’une entreprise avant de l’étudier, ce qui permet de détecter plus facilement des anomalies.

 

 

 

Corrigé

 

Lancée dans le numéro précédent de la Lettre Vernimmen.net, notre devinette du passage de l’an vous propose sa résolution :

 

Qu’est-ce qu’une société holding sinon une entreprise qui n’a pas d’activité propre et donc pas de besoin en fonds de roulement. C’était donc le numéro 1.

 

Qu’est-ce un producteur de Cognac sinon une marque (qui ne figurera parmi les immobilisations incorporelles que si elle a été acquise[1]), des chais et des stocks car il faut 7 ans pour faire un Cognac. C’était donc le numéro 4. Rappelons que comme les stocks sont évalués en prix de revient et non en prix de vente un stock représentant 289 jours de chiffre d’affaires en représenterait beaucoup plus en jours de prix de revient.

 

Qu’est-ce qu’un opérateur de satellites sinon une entreprise qui loue un satellite en orbite vers lequel sont envoyées des ondes montantes ensuite renvoyées vers la Terre ? Autrement dit une entreprise avec des immobilisations très importantes, peu de stocks, probablement une marge d’excédent brut d’exploitation très importante (il y a peu de frais d’exploitation). C’était le numéro 7.

 

Qu’est-ce qu’une compagnie aérienne sinon un métier où les clients paient le plus souvent en avance, avec peu de stocks et beaucoup d’immobilisations. C’était le numéro 5.

 

Qu’est-ce qu’une affaire de luxe sinon une entreprise avec un niveau de résultat d’exploitation élevé (quand elle marche bien), des ventes le plus souvent en direct aux clients finaux, donc un poste clients faible ? C’était le numéro 3. Ses nombreuses immobilisations s’expliquent par les non moins nombreuses acquisitions de marques faites.

 

Qu’est-ce qu’un distributeur généraliste sinon une entreprise avec un besoin en fonds de roulement négatif (les stocks tournent vite, les clients paient comptant ou fin de mois avec une carte bancaire et les marges sont faibles ? C’était le numéro 2.

 

Qu’est-ce qu’un négociant de produits sidérurgiques si ce n’est un distributeur comme le précédent mais avec des stocks importants qui tournent beaucoup moins vite ? C’était le numéro 10.

 

Qu’est-ce qu’une agence de publicité sinon d’un point de vue financier une entreprise qui collecte des fonds de ses clients les annonceurs et qui les reverse quelques temps après aux media qui ont diffusé le message qu’elle a conçu ? Elle a un petit coté centrale de paiements ou banque à tel point que les frères Saatchi, du temps de leur splendeur, avaient sérieusement envisagé de racheter la Midland Bank. C’était donc le numéro 6.

 

Qu’est-ce qu’un groupe de travail temporaire sinon une entreprise sans stock, sans achat (donc avec une marge brute de 100%) et des faibles marges car il n’ y a pas beaucoup de capitaux investis. C’était donc le numéro 9.

 

Quant à un groupe cimentier, c’est une entreprise avec beaucoup d’immobilisations (rappelez-vous la dernière fois où vous avez vu une cimenterie), donc probablement avec un volume d’endettement conséquent avec une faible rotation du chiffre d’affaires par rapport à l’actif économique. Un sac de ciment ne vaut pas très cher (pour moins de 10 € vous avez un sac de 35 kg ; pour ce prix chez Vuitton, vous n’avez même pas 2 cm carré d’un sac !). C’était donc le numéro 8. Accessoirement c’était le dernier de notre liste.



[1] Voir le chapitre 8 du Vernimmen 2017.