“Commentaire, question ou citation du jour”

Chaque jour de la semaine, nous publions sur les pages LinkedIn et Facebook du Vernimmen, un commentaire de l'actualité financière, une question qui nous a été posée et la réponse que nous avons donnée, et nous citons les classiques à travers des phrases que nous avons repérées dans nos lectures.
Parfois, la veille du week-end, nous soumettons à votre sagacité un remue-méninges dont la correction est apportée de lundi.

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10-01-2026 : “Revolut, le prix de la liquidité et de l'infidélité salariale ”

Revolut est un exemple parmi d’autres de start-ups qui ont réussi à conquérir une part significative de leur marché, à démontrer la pertinence de leur modèle économique et à continuer à être financées par des fonds d’investissements, sans venir en Bourse, bien qu’étant profitables (1,4 Md$ avant impôt). Au point que le terme de start-up pour qualifier Revolut est révolu.
Pour un certain nombre d’investisseurs se pose alors la question de la liquidité de leurs participations qui peut être organisée par les investisseurs eux-mêmes hors la Bourse, et/ou par la société elle-même, particulièrement quand ses propres salariés ou ex-salariés sont concernés.
C’est ainsi qu’en décembre, Revolut a permis à ses anciens salariés de lui céder leurs actions à 70 % du prix de la dernière augmentation de capital intervenue en novembre 2025 avec des investisseurs tiers et une valeur de 75 Md$ pour 100 % du capital.
Ce chiffre de 30 % de décote pour une opération secondaire par rapport à une opération primaire est fréquemment observé dans le monde des start-ups (les vraies, celles qui perdent de l’argent et qui n’ont pas encore établi la pertinence de leur modèle économique). Son fondement est qu’une opération primaire, en apportant des capitaux propres à la start-up, lui donne du temps supplémentaire pour démontrer la pertinence de son modèle économique, ce que ne permet évidemment pas une opération secondaire. Dès lors, un actionnaire de la start-up préfère apporter des fonds à celle-ci plutôt qu’à un co-actionnaire qui se retire. Pour l’inciter néanmoins à acquérir des actions existantes n’apportant aucune liquidité à la start-up, l’actionnaire sortant devra consentir une décote. Et la pratique observée l’établit aux environs de 30 %.
Une partie de l’opération de novembre comprenait aussi des actions vendues par les salariés actuels, mais sans décote par rapport aux 75 Md€ de valeur atteinte. Alors même que Revolut semble réfléchir à une introduction en Bourse, la décote de 30 % apparaît élevée pour un groupe qui n’est plus une start-up. Comme quoi l’infidélité salariale a un coût !