“Commentaire, question ou citation du jour”

16-08-2017 : “Sociétés cotées chinoises et contrôlées par l'Etat : on ne pourra pas dire que vous n'aviez pas été prévenus ! ”

    Depuis quelques mois, la plupart d'entre elles ont inclus dans leurs statuts une clause substituant le parti communiste chinois à l'Etat comme inspirateur des directions à prendre. Ainsi pour le China Railways group "quand le conseil d'administration décidera de sujets d'importance, il devra d'abord écouter le point de vue du comité du parti du groupe." La justification donnée à ce changement a été " intégrer le renforcement du leadership du parti à l'amélioration de la gouvernance de l'entreprise".   Mais rassurez-vous, ces dispositions ont été approuvées, comme il se doit, à la majorité des deux tiers. L'Etat chinois a pu voter avec ses actions sans être privé de ses droits de vote puisque ces amendements étaient sans conséquence financière (condition nécessaire à Hong Kong pour que le bénéficiaire ne puisse pas voter). Pour ceux qui auraient oublié que la Chine est une dictature.   Il y a tellement d'autres entreprises dans le monde où investir.   Bonne journée.  

09-08-2017 : “CItation du jour ”

"Un jour suffit pour faire monter ou descendre toutes les fortunes humaines."   Sophocle

08-08-2017 : “CItigroup : le beurre, l'argent du beurre et au final rien du tout. ”

Le groupe bancaire américain, dont le cours de bourse est actuellement à moins de 10 % de ce qu'il était en 2007, communique sur une rentabilité annualisée de ses capitaux propres au premier semestre de 6,8 %, qui est bien loin du coût de ses capitaux propres et des performances de ses concurrents (environ 10 %). Pour essayer de se rattraper, il met en avant une rentabilité de ses capitaux propres de 9,3 %, une fois déduits ses actifs d'impôts différés (qui représentent des économies futures d'impôts dues à ses pertes abyssales passées. Pour plus de détails, voir le chapitre 8 du Vernimmen 2017).   Mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Pendant les années de déficits, Citigroup a réduit ses pertes en constatant en compte de résultat des crédits d'impôts futurs, et a communiqué bien sûr sur ces pertes ainsi réduites. Maintenant, il est intellectuellement malhonnête de présenter aux investisseurs une rentabilité des capitaux propres qui ne tienne pas compte des actifs d'impôts différés, qui ne sont que la contrepartie de ces pertes ainsi réduites. De surcroit quand, en plus, ils ne sont pas déduits pour le calcul présenté des capitaux propres par action dans l'objectif de faire penser à une sous-évaluation de l'action. Bref, on ne peut pas les déduire quand cela arrange, et ne pas les déduire quand cela arrange.    Les investisseurs ne sont pas les idiots du village et ne sont pas dupes. Ils continuent de moins bien valoriser Citigroup que ses concurrents et l'action cote avec une décote par rapport aux capitaux propres consolidés. Dura lex sed lex.   Bonne journée

07-08-2017 : “Citation du jour ”

    "Ce n'est pas l'employeur qui paie les salaires, mais le client."   Henry Ford

04-08-2017 : “Question d'un de nos lecteurs ”

    Pourquoi doit on utiliser l'entreprise value (EV) au numérateur pour les multiples types EV/EBITDA, EV/EBIT ou EV/sales et non pas l'equity value ? En somme, pourquoi le ratio Equity Value/ EBITDA est-il un non sens par exemple ?   Réponse   L'entreprise value, c’est-à-dire la valeur de l’actif économique appartient à la collectivité des actionnaires et des prêteurs qui le finance. Il est donc logique de lui rapporter un agrégat qu'elle génère et qui revient à la collectivité des actionnaires et des prêteurs, c’est-à-dire un agrégat avant frais financiers (rémunération des prêteurs) et avant dividende (rémunération des actionnaires) comme le résultat d’exploitation ou l’EBE.   La valeur des capitaux propres revient aux seuls actionnaires. Il est donc logique de le mettre en relation avec un solde du compte de résultat qui ne revient qu'aux actionnaires et pas aux actionnaires et aux prêteurs, c’est-à-dire le résultat net.   C'est pour cela qu’un ratio EV/résultat net ou capitalisation boursière /résultat d'exploitation n' a pas de sens financier.   Pour plus d'information, voir le chapitre 35 du Vernimmen 2017 qui détaille ces points.

01-08-2017 : “Un petit risque de change pour un petit gain d'intérêt ? ”

Bonduelle a refinancé son acquisition américaine (Ready Pac Food payée 409 M$) par un USPP comportant deux tranches : l'une de 150 M€ et l'autre de 50 M$; et par un prêt bancaire de 200 M$. Le cout de la dette reste inchangé à environ 3%, probablement au prix d'un risque de change sur 150 M€ puisque Ready Pac Food n'est actif qu'aux USA, à moins d'avoir mis en place une couverture de change sur laquelle Bonduelle n'a pas communiqué.