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- ACTUALITE
: Valeur
et liquidité
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TABLEAU DU MOIS : Le niveau
des marges sur emprunts obligataires
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RECHERCHE : Mais que
sont donc devenus les dividendes ?
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QUESTION & REPONSE : Comment
se repérer entre les différents cash flow ?
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ACTUALITE
: Valeur et liquidité
Dans un modèle classique,
deux paramètres influent sur la valeur : le risque et la rentabilité.
Mais, un facteur de second ordre a aussi une influence sur la valeur :
la liquidité. Ainsi :
- Certains investisseurs (fonds importants)
n’investiront que dans des sociétés dont la taille de
marché est telle qu'ils peuvent acheter ou vendre une participation
significative (quelques pour cents) en un temps limité ;
- La cession des blocs d'actions de taille
importante ne peut se faire sur le marché qu’avec une décote
par rapport au cours de bourse.
La liquidité d’un
bien est la rapidité avec laquelle la richesse qui lui est incorporée
peut être récupérée. Concrètement un
titre sera considéré comme liquide si des échanges
importants n’entraînent pas de modification de son cours(1).
La liquidité est
mesurée par l'écart entre le prix offert et le prix demandé
(bid-ask), par le nombre de titres traités quotidiennement
(en montant absolu ou en pourcentage du nombre total de titres ou du flottant),
par le flottant (en pourcentage du nombre total de titres), voire par
la capitalisation boursière.
On peut constater que les
sociétés dont les capitalisations sont les plus importantes,
sont également celles dont les titres sont les plus traités.
En effet, elles attirent de par leur taille un nombre plus important d’investisseurs,
ce qui « anime » le titre :
Source : Datastream
& Fininfo ; cours au 10/09/01.
Les investisseurs sont
prêts à rémunérer cette liquidité, c’est-à-dire
à mieux valoriser les sociétés dont le flottant,
la capitalisation boursière et le volume de titres traités
quotidiennement sont importants. La liquidité permet donc d’abaisser
le coût du capital de l'entreprise.
Différents modèles
visent à mesurer ce phénomène et la prime de risque
attaché à l’illiquidité :
E. Fama et K. French ont
mis au point en 1992 un modèle à 3 facteurs : le taux
de rentabilité à exiger d’un actif n’est plus seulement
expliqué par le risque relatif de cet actif par rapport au risque
du marché (le Bêta), comme dans le MEDAF, mais aussi par
le PBR (Price to Book Ratio, capitalisation boursière/ capitaux
propres comptables) et par la liquidité mesurée par l’écart
de rentabilité entre les grosses capitalisations boursières
et les petites.
La notion de prime de liquidité
a également été étudiée par J. Hamon
et B. Jacquillat qui ont mis en évidence l’existence d’une prime
de liquidité, nulle pour les grosses capitalisations, significatives
pour les petites qui s’ajoute aux taux de rentabilité exigés
déterminés à partir du MEDAF pour former la rentabilité
totale exigée par l’actionnaire. Sur cette base, Associés
en Finance a développé un modèle à 3 facteurs
proche du MEDAF intitulé Plan de Marché :
- Chaque titre extériorise ainsi
un niveau de risque (le Bêta) et un niveau de liquidité
(le Lambda), le coût des capitaux propres (Kcp) d’une société
s’exprimant de la façon suivante :
Kcp = Rf + E(Rm – Rf)*Bêta
+ Prime de liquidité*Lambda
- Les paramètres du Plan de Marché
du mois d'août 2001 étaient ainsi les suivants :
- Rf = 5,09%
- Prime de risque = 4,30%
- Prime de liquidité = 0,46%
Ces primes proviennent
de la régression entre les taux de rentabilité espérés
(TRI) et simultanément (i) le risque anticipé et (ii) le
logarithme relatif des flottants.
- Ce modèle « extrait »
donc de la prime de risque classiquement calculée, la part qui
revient au facteur de liquidité. A titre d’exemple, sont calculés
ci-dessous les coûts des capitaux propres de Vivendi Universal
et Gaumont qui ont des niveaux de risque similaires par rapport au marché
(leur Bêta est proche), mais des liquidités évidemment
très différentes :
- Kcp Vivendi Universal = 5,09% + 4,30%
´ 1,10 + 0,46% ´ 0,65 = 10,1%, pour un flottant de 61Md
Euro.
- Kcp Gaumont = 5,09% + 4,30% ´
1,20 + 0,46% ´ 1,70 = 11,0%, pour un flottant de 65M Euro.
Une autre approche permet
de mesurer la liquidité : la décote observée
pour des transactions sur des volumes importants. En effet, la cession
d’un bloc minoritaire, représentant une part importante du flottant,
est réalisée avec une décote par rapport au cours
de bourse. La décote moyenne observée sur le marché
français en 2000 et 2001 est de 4,2% mais s’étale suivant
les cas entre moins de 1% et plus de 10%, et il y a clairement une corrélation
positive entre la taille du bloc et le niveau de la décote :
Les banques se sont adaptées
à cette nouvelle demande de liquidité en offrant des services
de traitement des blocs (block trades, mais également échangeables
et dérivés sur actions) permettant ainsi, même si
cela a un coût (la décote), de gérer de plus en plus
de situations où les investisseurs se seraient sentis (il y a encore
quelques années) « collés » avec certaines de
leurs participations.
Au total, qu'est-ce qui
explique cette importance croissante de la liquidité ?
- La concentration des industries des
services financiers : les rapprochements des banques s'accompagnent
de fusion de leurs instruments de gestion collective (SICAV, FCP) dont
la taille accrue a pour corollaire des investissements de taille unitaire
plus forte, d'où un désintérêt pour les capitalisations
petites et moyennes.
- L'accroissement de la part de marché
de la gestion indicielle (qui duplique l'indice phare du marché)
renforce cette tendance à favoriser les grosses capitalisations
qui font partie des indices.
- Enfin, l'avènement de l'euro
a favorisé l'accès des investisseurs aux marchés
actions étrangers sans risque de change sur lesquels ils préfèrent
naturellement les titres les plus connus donc les plus liquides et les
plus gros.
L'impact de la liquidité
sur la valeur a donc toute chance d'être une donnée structurelle.
(1)
Pour approfondir, voir Amihud Y. et Mendelson H., Asset pricing and the
bid-ask spread, Journal of Financial Economics, 1986, p. 223-249.
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TABLEAU
DU MOIS : Le niveau des marges sur emprunts obligataires
Calculés
en points de base (0,01%) par rapport au taux sans risque, les marges
que paient les entreprises sur leur endettement financier sont clairement
à la hausse reflétant la dégradation de la conjoncture
économique et donc l'affaiblissement global de leur solvabilité
qui est particulièrement marquée dans certains secteurs
comme les télécoms.
L'article de recherche résumé
dans la prochaine Lettre Vernimmen.Net expliquera les déterminants
des niveaux de ces marges.
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RECHERCHE
: Mais que sont donc devenus les dividendes ?
Deux tiers des entreprises
américaines cotées payaient des dividendes en 1978 (1).
Elles ne sont plus que 21% à le faire en 1999. Que sont donc devenus
les dividendes ?
E. Fama et K. French
(2) montrent que deux raisons expliquent cette tendance aux
Etats-Unis :
- L'évolution du profil
des sociétés cotées.
Les sociétés
qui s'introduisent en bourse ont toujours eu pour caractéristiques
d'être de plus petite taille et d'être en croissance plus
forte que les entreprises déjà cotées. Toutefois
depuis une vingtaine d'années, les nouvelles recrues boursières
sont de moins en moins profitables : de 1973 à 1977, la rentabilité
de leurs capitaux propres était de 18 % contre 14% pour celles
déjà cotées ; de 1993 à 1998 les nouvelles
recrues boursières affichant une rentabilité de seulement
2% contre 11% pour celles déjà cotées. Etant moins
profitables, car venant à un stade plus précoce de leur
vie en bourse, tout en ayant des opportunités de forte croissance,
les nouvelles recrues ne versent quasiment pas de dividendes : seules
12 des 322 sociétés nouvellement cotées aux Etats-Unis
en 1999 versaient un dividende !
Dès lors la proportion
d'entreprises cotées versant un dividende ne peut que baisser.
Mais il y plus surprenant.
- La baisse de la propension à
verser des dividendes
Les auteurs démontrent
qu'une entreprise qui aurait versé un dividende il y a 20 ans
a peu de chance d'en verser un aujourd'hui. Ainsi Microsoft n'a toujours
pas versé de dividendes malgré de plantureux résultats
et une trésorerie nette de tout endettement bancaire ou financier
de 24 Md$. En 1978, 72% des entreprises profitables versaient un dividende
; en 1998, elles ne sont plus que 30%. Cette évolution est la
même quelles que soient la taille, la profitabilité ou
les perspectives de croissance des entreprises cotées.
Plusieurs explications
sont avancées par E. Fama et K. French pour expliquer cette évolution
:
- le développement généralisé
des stock-options parmi les dirigeants : le versement des dividendes
réduit la valeur de l'action donc celle des stock options. Les
dirigeants n'ont donc aucun intérêt personnel à
proposer le versement de dividendes, tout au contraire ! Ce point est
d'ailleurs très nettement confirmé par une autre étude
(3) qui montre que l’octroi de stock-options conduit à
faire baisser les dividendes et à accroître les rachats
d'actions. Il est vrai que les premiers font baisser mécaniquement
la valeur de l'action alors que les seconds devraient la faire progresser...
- la montée de la gouvernance d'entreprise
(traduire le contrôle plus étroit des dirigeants par les
actionnaires !) qui amoindrit l'utilité de l’outil dividende
comme moyen de contrôle des dirigeants par l'actionnaire (pour
réduire les liquidités à leur disposition) au profit
d'autres techniques (comités spécialisés du conseil
d'administration, stock options) qui se sont récemment développées
et seraient plus efficaces ;
- il y a quelques années les frais
de transactions étaient tels qu'il était moins coûteux
pour l'actionnaire à la recherche de liquidités de percevoir
des dividendes plutôt que de vendre quelques actions de son portefeuille.
Depuis, la baisse des coûts de transactions rend vaine cette préférence
pour le dividende ;
- la prise de conscience par les entreprises
que les investisseurs préfèrent fiscalement enregistrer
des plus-values plutôt que toucher des dividendes plus lourdement
taxés ;
- Enfin nous ajouterons que la montée
des bourses depuis 20 ans a rendu marginaux les gains par dividendes
comparés à ceux réalisés sur les plus-values
des titres. Dès lors, les dirigeants ne sont plus autant concernés
que par le passé puisque leurs actionnaires ont été
déjà largement rémunérés(4)...
Les auteurs montrent enfin
que les rachats d'actions (qui se sont fortement développés
sur la période) n'expliquent que très faiblement la baisse
de la proportion des entreprises payant un dividende. En effet, les entreprises
procédant à des rachats d'actions sont justement aussi très
largement celles qui paient des dividendes.
En Europe, la situation
est assez différente puisqu'en 2000 seules 5% des 500 plus grandes
entreprises cotées ne versaient pas de dividende(5).
(1)
Sur le NYSE, l'AMEX et le NASDAQ, tous secteurs sauf services financiers
et services publics. (2) Disappearing dividends: changing firm
characteristics or lower propensity to pay ? Journal of Financial Economics,
avril 2001, pages 3 à 43. (3) Corporate payout policy
and managerial stock incentives de George Fenn et Nellie Liang, Journal
of Financial Economics avril 2001, pages 45 à 72. (4)
Idée dont nous sommes redevables à Franck Bancel. (5)
Finance
d'entreprise de Pierre Vernimmen, page 678 - Dalloz 2000.
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LA
QUESTION DU MOIS: Comment se repérer entre les différents cash flow
?
Il y a
quasiment autant de définitions du cash flow que de sociétés !
La tendance est cependant à la normalisation des appellations dont
les principales sont :
- Le cash flow from
operations ou le flux de trésorerie d’exploitation que l’on
trouve dans le tableau des flux de trésorerie publié maintenant
par la quasi-totalité des entreprises cotées. Il correspond
à :
résultat
net
+ dotations
nettes aux amortissements et aux provisions sur actifs immobilisés
- plus-values
de cession d'actifs
+ moins-values
de cession d'actifs
- variation
du besoin en fonds de roulement
= Flux
de trésorerie d’exploitation
C’est
effectivement un flux de trésorerie ; il n’est pas tout à
fait purement d’exploitation car il inclut les frais financiers, mais
à une époque d’endettement et de taux d'intérêt
relativement faibles, ce défaut est mineur. Il sert surtout en
analyse financière.
- Le free cash flow
ou flux de trésorerie disponible correspond au flux de trésorerie
généré par l’actif économique (operating
assets), flux qui est ensuite réparti entre ceux qui ont
financé cet actif économique, à savoir les actionnaires
et les prêteurs (banques et obligataires). Il se calcule ainsi :
excédent
brut d’exploitation (EBITDA)
- impôt
normatif sur le résultat d’exploitation (EBIT)
- variation
du besoin en fonds de roulement
- investissements
nets des désinvestissements
= Flux
de trésorerie disponible
C’est
un flux de trésorerie on ne peut plus pur qui est utilisé
en évaluation pour calculer la valeur d’une entreprise à
partir d’un discounted cash flow (DCF) ou modèle d’actualisation
des flux de trésorerie. On l’appelle aussi parfois cash flow
to firm.
- Le cash flow to equity
correspond au précédent sous déduction des flux
qui reviennent aux prêteurs, c’est-à-dire des frais financiers
nets après impôt normatif et de la variation de l'endettement
bancaire et financier net. Il sert aussi en évaluation pour estimer
la valeur des capitaux propres. Mais, sauf exception, nous en déconseillons
l’utilisation et lui préférons nettement le free cash
flow.
- La capacité d’autofinancement
(résultat net + dotations aux amortissements et aux provisions
sur actifs immobilisés -/+ les plus/moins-values de cession d'actifs)
est parfois considérée comme synonyme de cash flow.
C'est ainsi le cas dans le calcul du price cash flow (valeur
des capitaux propres / cash flow) qui sert en évaluation
par les multiples. Ceci est abusif car n’oublions pas qu’un cash
flow est avant tout et littéralement un flux de trésorerie
! La CAF n’en est un que si les clients et les fournisseurs paient
et sont payés comptant et si les stocks sont nuls, ou bien si
ces trois postes sont constants au cours du temps, ce qui est bien rare !
- Enfin l’excédent brut d’exploitation
(l’EBITDA des anglo-saxons) est parfois qualifié de cash
flow. On oublie alors l’impôt et les variations du besoin
en fonds de roulement…
Pour plus
de détails, voir le
chapitre 11 de Finance d’entreprise de Pierre Vernimmen, Dalloz
2000.
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