Chapitre 39
LA POLITIQUE FINANCIÈRE : Choisir sa structure financière

TOUTES LES PARTIES
  • LE DIAGNOSTIC FINANCIER
  • LES INVESTISSEURS ET LA LOGIQUE DES MARCHÉS FINANCIERS
  • LA VALEUR
  • LA POLITIQUE FINANCIÈRE
  • LA GESTION FINANCIÈRE
  • BONUS

Si, au niveau des marchés industriels, les fréquents déséquilibres laissent espérer la possibilité de créer de la valeur par des investissements judicieux, il n’en va pas de même pour le choix d’une structure financière. Les marchés financiers sont le plus souvent à l’équilibre et toutes les sources de financement ont le même coût pour l’entreprise compte tenu de leur risque.

Le coût d’une source de financement qui permet d’acheter un actif est égal au taux de rentabilité à exiger de cet actif, que celui-ci soit financé par endettement ou par capitaux propres et ce, quelle que soit la nationalité de l’investisseur.

Dès lors, le choix d’une source de financement ne s’effectue pas sur la base de son coût (puisqu’elles ont toutes le même coût compte tenu de leur risque !). Au demeurant, il s’agit de ne pas confondre coût apparent et coût financier (le coût véritable d’une source de financement). La différence entre coût apparent et coût financier est faible pour l’endettement (évolution du taux d’endettement et du risque de défaut), plus forte pour l’augmentation de capital (perspectives de croissance), considérable pour l’autofinancement (coût apparent nul) et difficile à évaluer dans tous les produits hybrides. Enfin, une source de financement n’est bon marché que si elle a été émise à une valeur supérieure à sa valeur de marché (marchés inefficients).

Comme il n’existe pas de structure financière optimale, le choix entre dette et capitaux propres va dépendre de plusieurs paramètres :

▪ la conjoncture macroéconomique : des taux d’intérêt réels (c’est-à-dire après inflation) élevés et une faible croissance de l’activité poussent les entreprises à se désendetter. À l’inverse, une croissance forte et/ou des taux d’intérêt faibles après inflation favorisent l’endettement ;

▪ le souhait de garder une flexibilité financière afin de pouvoir saisir très vite d’éventuelles opportunités d’investissement : à cette aune, les capitaux propres sont favorisés car ils créent une capacité d’endettement supplémentaire et n’obèrent pas les choix futurs. À l’inverse, une saturation de la capacité d’endettement actuelle ne laissera à l’avenir comme source de financement que les capitaux propres dont la disponibilité est liée à la bonne tenue des cours de Bourse. D’où un risque ;

▪ le niveau de maturité d’un secteur et la structure financière des concurrents : la start-up ne trouvera à se financer que par capitaux propres compte tenu de son risque spécifique élevé alors que l’entreprise bien établie, aux flux de trésorerie disponibles importants mais sans forte perspective de croissance, pourra largement se financer par endettement. Les entreprises d’un même secteur d’activité adoptent souvent un certain mimétisme car il s’agit de ne pas faire plus de bêtises que le voisin !

▪ la position des actionnaires : certains favorisent l’endettement pour éviter de se faire diluer par une augmentation de capital qu’ils ne pourraient pas suivre. D’autres privilégient les capitaux propres pour ne pas augmenter leurs risques. Tout est affaire d’aversion au risque, de capacité financière des actionnaires et de volonté de contrôle ! Le caractère des dirigeants entre également en compte ;

▪ les opportunités de financement : elles sont par définition imprévisibles et il est difficile de bâtir une politique financière rigoureuse sur elles. Elles permettent de lever des fonds à un coût inférieur à leur coût normal, mais au détriment d’investisseurs qui se sont leurrés.

Notre lecteur, qui réalisera des simulations des principaux paramètres financiers selon que l’entreprise s’endette ou se finance par capitaux propres, devra bien avoir conscience que celles-ci montrent surtout les conséquences de l’effet de levier :

▪ élévation du point mort ;

▪ croissance accélérée du BPA ;

▪ amélioration de la rentabilité comptable des capitaux propres ;

▪ dégradation de la solvabilité ;

▪ impact sur la liquidité en fonction de la durée de l’endettement.

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